Chapitre 8 Une rencontre qui tombe à pic !

Perturbée, Juliette, se met à raconter sa merveilleuse  rencontre avec David. Mais Isabelle lui rappelle que l’heure n’est plus aux souvenirs

-Lorsque j’ai rencontré David, j’étais une jeune femme seule, abattue et je manquais cruellement d’amour. Ma sœur jumelle la personne qui comptait le plus pour moi venait d’être emprisonnée. Je me rendais dès que je le pouvais à la prison où elle avait été incarcérée mais ce n’était pas assez. Toi tu étais en train de voyager ou du moins c’est ce que, je croyais. Je me sentais atrocement seule.

Bien avant cette rencontre, la mort de mes parents m’avait rapprochée davantage de ma sœur jumelle. La vie au foyer n’était pas pénible en soi mais les éducateurs n’étaient pas des parents. Étant donné les circonstances catastrophiques dans lesquelles nos parents avaient trouvé la mort, ma sœur et moi bénéficions d’un traitement de faveur et beaucoup de personnes étaient sensibles à notre cas. Mais, toutes ces petites attentions ne pouvaient remplacer l’amour de nos parents.

Je revoyais la scène dans ma tête sans cesse et c’était horrible. La vie me paraissait tellement injuste. Comment expliquer que des gens qui avaient travaillé toute leur vie trouvent la mort dans des conditions atroces alors que pour une fois de leur existence, ils avaient voulu prendre du bon temps ?

Je me rappelle de tout, de la sensation ressentie lorsque les autorités sont venues chez ma tante le soir nous annoncer la triste nouvelle.

Lorsque ma tatie ouvrit la porte ce samedi soir, nous pensions que c’était le livreur de pizza.

Non c’était la gendarmerie. Nous attendions tranquillement dans le salon ma sœur, ma cousine et moi que notre tante revienne avec les pizzas puis nous avions entendu un cri d’horreur. Nous nous sommes  toutes précipitées  à l’entrée.

Ma cousine Anne en se levant chuta, je me rappelle l’avoir enjambée sans même l’aider à se relever . J’ai couru comme une folle pensant qu’il était arrivé quelque chose à tatie. J’ai toujours eu une imagination fertile et j’ai pensé qu’elle venait de se faire agresser. J’ai alors saisi une batte de baseball qui était rangée dans le cagibi et j’ai foncé vers la porte d’entrée.

Tout le monde était planté là. J’ai alors vu des gendarmes, le visage livide de ma tante. J’ai senti que quelque chose de grave venait de se passer mais à aucun moment je n’ai pensé à mes parents.

-Allons-nous asseoir dit l’un d’entre eux.

Ma cousine Anne, lui montra le couloir menant au salon. Une fois arrivés, un des gendarmes aida  tatie à s’asseoir. On aurait dit qu’elle venait de prendre dix ans. Le silence était lourd. Le temps était comme suspendu. L’atmosphère était étouffante. Tout le monde était mal à l’aise pourtant personne à part ma tante ne savait ce qui venait de se passer.

-Juliette et Jessica j’ai quelque chose à vous annoncer. Ce n’est pas facile. Vous devez être courageuses…

-Crachez le morceau bordel lança Jessica !

 Ma sœur n’a jamais été tendre. Hummm….

Étonné, le policier annonça tout de go :

-Vos parents viennent de décéder dans un incendie !

-Quoi ? Comment ça ? Vous devez certainement vous tromper. Papa et maman sont partis en week-end hier et ils nous ont appelées hier soir à leur arrivée pour nous dire que tout se passait bien. Dis le leur taie, il y a surement une erreur.  C’est une erreur ça ne peut être que ça ! Jessica hurla de douleur.

Je me suis rappelée alors que tôt dans la journée, j’avais entendu brièvement aux infos qu’un centre de vacances avait pris feu en Normandie et qu’il y avait de nombreuses victimes. J’ai zappé et j’ai regardé ma série avant de sortir courir. Je n’ai pas pensé une seule seconde que ça pouvait être le lieu de villégiature de mes parents, encore moins que ceux-ci pouvaient faire partie des victimes. On ne s’attend jamais à ce genre d’événement. On pense que ça n’arrive qu’aux autres. Je n’y avais pas repensé de toute la journée, d’ailleurs il était convenu de ne pas déranger les parents et de les laisser se reposer en amoureux. Depuis leur rencontre, ils avaient travaillé d’arrache-pied. Ensuite ma sœur et moi sommes arrivées très tôt, du coup, ils n’ont jamais pris du temps pour eux. Maintenant qu’on était ados, ils avaient voulu en profiter un peu tous les deux et nous avaient confiées à tatie pour quelques jours. Voilà qu’ils trouvaient la mort alors qu’ils étaient censés prendre du plaisir, s’amuser et profiter de leur amour. Car oui, mes parents s’aimaient beaucoup ! On était pauvre mai il y avait beaucoup d’amour à la maison et beaucoup de rire aussi. On était jamais aussi bien habillé que les autres gamins du quartier mais ils faisaient en sorte qu’on ait à manger et en quantité suffisante. Ils se démêlaient pour nous payer des activités extra-scolaires et pendant toute notre enfance et notre adolescence ma sœur et moi avions pratiqué le judo, le piano et l’anglais. Maman nous accompagnait à pas mal de sorties culturelles car disait-elle, l’éducation et la culture nous permettront de vivre mieux qu’eux. Elle nous a appris à lire très tôt et lorsque nous sommes entrées en cours préparatoire, ma sœur et moi nous savions déjà très bien lire. Elle faisait tout ce qui était en son pouvoir afin que nous soyons instruites, cultivées. C’était une femme exceptionnelle.

Je n’ai jamais vu mes parents se disputer. En tout cas, ils ne le faisaient jamais devant nous. Maman avait l’air heureuse aux côtés de papa. Je crois qu’ils ont été profondément heureux tous les deux. J’ai toujours voulu vivre la même histoire d’amour qu’eux : une histoire sincère, trépidante et passionnante. Je rêvais d’une rencontre formidable avec un homme exceptionnel qui me ferait vivre une histoire d’amour à me couper le souffle. Je préparais cette rencontre dans les moindres détails. Je m’imaginais tous les jours à quoi ressemblerait cet homme que me ferait connaitre un amour merveilleux. J’en rêvais toutes les nuits.

Ma sœur par contre était très différente de moi ! Elle n’en avait rien à faire des histoires d’amour ! C’était une sauvage née ! Pendant toutes ces années passées en foyer, nous avons veillé l’une sur l’autre .

-Oui je sais, je me rappelle la première fois que je vous ai vues. Ça m’avait frappée de voir des sœurs aussi fusionnelles. Moi j’étais plutôt paumée et rebelle, rejetant toute forme d’autorité se rappela Isabelle.

-Oui tu étais infernale ! Au début ma sœur était sage, ensuite elle a fait la rencontre de certains énergumènes qui traînaient aux alentours du foyer et tout a basculé. En fait vous êtes devenues proches toutes les deux et vous faisiez pas mal de conneries ensemble.

-Oui c’est vrai ! Qu’est-ce que tu nous emmerdais à l’époque ! Toujours à jouer la fille sage ! Tu étais vraiment impossible ! On en avait marre que tu nous fasses la morale tout le temps. On voulait juste vivre des histoires d’amour, fumer des joints et draguer tous les garçons du coin. Toi tu attendais le prince charmant, nous on rêvait d’aventure sans lendemain. C’était une belle époque tout de même non ?

-Oui répondit Juliette ! C’était malgré tout une belle époque surtout que peu de temps après j’ai fait une rencontre qui allait changer ma vie ! C’était  après ma majorité ; tu étais partie je ne sais où et ma sœur était en prison.

Ce samedi-là, je ne voulais pas me rendre à Beaubourg pour travailler car je me sentais très fatiguée. Mais ayant un devoir à rendre j’ai pris sur moi et j’ai attrapé le bus puis le RER B depuis Robinson pour Châtelet ! Il faisait froid et il y avait une queue monstre. Je pestais dans la file d’attente et j’étais à deux doigts de rentrer lorsque j’entendis un bonjour.  C’était une voix d’homme et je me suis dit que celui qui venait me nuire dans cette fille d’attente par ce froid allait en prendre pour son grade. Je pensais déjà à rentrer me glisser sous la couette dans ma petite chambre universitaire de 9 mètre carré lorsque la personne me dit

-Tu as laissé tomber ta carte de transport

Je me suis retournée pour la récupérer et là le choc ! Ce type correspondait physiquement à l’homme de mes rêves ! Un jeune homme, brun grand, les traits fins, une peau mate, d’épais cheveux noirs assez baraqué, des yeux bleus océans…. J’aurais, pu m’y perdre. Je suis restée la bouche grande ouverte comme une imbécile.

-Tiens ta carte me dit-il pour me réveiller

-J’ai pris la carte sans un merci et je me suis retournée en vitesse ! Il faisait très froid ce jour-là et pourtant j’avais soudainement si chaud ! Je ne me contrôlais plus. Je me sentais idiote et surtout j’avais l’impression qu’il me voyait or, il était derrière moi. Je ne pouvais plus tenir en place. Je transpirais. Je me disais que je devais rêver ! Ça ne pouvait pas être possible de croiser le type que j’avais tant imaginé ! Non c’était un rêve, cette rencontre ne pouvait être qu’un mirage. J’étais perdue dans mes pensées, lorsque la même voix me dit.

-Tu n’avances pas ?

Quelle imbécile j’étais ! J’étais tellement abasourdie par cette rencontre  que je n’ai pas vu les autres avancer. Du coup je me suis rendue compte que réellement je ne l’avais pas imaginée, non il est vraiment derrière moi ! J’ai senti une sensation de douceur et de bien-être remplir tout mon corps. Je n’avais jamais fait l’amour avec personne mais ce jour-là j’ai découvert des sensations incroyables. Je me suis mise à chercher fébrilement un mouchoir dans mon sac ainsi qu’une bouteille d’eau car j’avais la gorge très sèche.

-Ça va ?

Mais pourquoi se collait-il à moi cet idiot. J’ai dû balbutier quelque chose comme « mouchoir » et aussitôt il me tendit un paquet de mouchoir que je lui arrachai des mains sans un merci une fois de plus. Je gardais le paquet sans rien faire. J’étais tétanisée ! C’était donc ça le coup de foudre ! C’était extra…

-Je ne veux pas être chiante mais tu m’as racontée l’histoire une bonne dizaine de fois déjà dit Isabelle

-Apparemment pas assez puisque tu as couché avec lui alors que tu sais à quel point j’aime mon mari !

-Rassure-toi je ne suis pas amoureuse de ton mari !

– Tu n’es qu’une sale traînée, si encore tu l’aimais je pourrais comprendre.

-L’amour rend aveugle Juliette ! Tu es la seule à ne pas te rendre compte de tous les vices de ton cher époux ! Tu es la seule à le vénérer tout simplement parce que tu es amoureuse mais figure-toi que moi je ne le vois pas ainsi. Je ne vois que ses mauvais côtés !

-Ça ne te suffit pas de briser mon couple, il faut encore que tu salisses mon époux ? Mais quel genre de personne est-ce que tu es ?

-Une amie très précieuse cria Isabelle ! Tu n’as aucune idée de tout ce que j’ai dû endurer ! Tu ne pourras jamais imaginer toutes les stratégies que j’ai mises en place pour le garder en vie pour toi et les filles ! Bon nombre de fois j’’ai voulu le supprimer mais je n’ai pas pu le faire. Pourtant c’est une mission, c’est un ordre de ma hiérarchie ! Toi et ton amour-là vous m’énervez ! Que penses-tu qu’il va se passer si on ne trouve pas une solution hein ? Tu y as pensé, au lieu de pleurnicher parce que j’ai fait des galipettes avec lui tu devrais réfléchir à la manière de le sortir de ce merdier.Quand je pense que j’au dû prendre sur moi pour supporter ce con! Tu sais bien que je dis vrai alors fais joue ta cervelle nom d’un chien!

-Sortir qui de quel merdier demanda Amandine de retour ?

-Ah chérie, on ne t’a pas attendu entrer ! Ça s’est bien passé ?

-oui vous avez l’air bizarre toutes les deux. Vous parliez de qui ?

-On parlait d’un de mes petits amis dit Isabelle un large sourire aux lèvres ! Tu connais ta mère, elle me faisait la morale!

-Ah oui Isa, je connais ça soupira Amandine.

-Bon ça suffit toutes les deux. Toi tu montes te coucher il se fait tard ordonna Juliette !

– Oui man de toute façon vos histoires de sexe ne m’intéressent pas, vous êtes trop vieilles pour penser à ces choses-là. Vous êtes dégoûtantes.

-De vraies antiquités qui aiment ça dit Isabelle l’air amusé.

-Bonne nuit man, bonne nuit Isa.

Un silence pesant s’installa. Juliette se sentait en danger. Elle n’avait pas éprouvé de tels sentiments depuis belle lurette. Elle savait au fond d’elle qu’Isabelle ne mentait pas . Il y avait trop de coïncidences et toutes ces personnes qui avaient réellement disparues. C’était vrai car c’était dans tous les journaux et comme par hasard lors des déplacements de David .

Comment va-t-on faire ! J’avoue être paumée. Je ne sais pas quelle attitude adopter !

-J’ai un plan mais il va falloir être très prudente ! C’est très dangereux mais c’est la seule option que nous ayons répondit Isabelle !

Merci de partager ce chapitre et d’inviter vos amis!

A bientôt!

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